
[OC]
La LDH d’Erau organizava en junh a la librariá La simbolica del polet a Montpelhièr una vesprada a l’entorn de la figura del clapassièr Loís-Xavièr de Ricard, felibre roge del sègle XIX, que defendiá l’idèa d’una occitania federala e socialista.
Demest los intervenents èra estat convidat lo president de la federacion Calandreta (escòlas privadas en immersion en lenga occitana) Joan-Loís Blenet per parlar de la situacion de l’occitan. JL.Blenet es un representant important de la burèucracia occitanista que pausa una canhada de problèmas, de l’abandon d’un occitanisme social a l’autoritarisme dinc al sarrament amb l’extrèma-drecha.
Donat la contradiccion bèla entre l’occitanisme revolucionari del De Ricard e lo, burèucratic e capitalisme-compatible que representa JL.Blenet, nos a semblat important de sasir l’ocasion per exprimir una critica, en legissent lo tèxte que seguís :
Per s’assabentar mai sus la burèucracia de Calandreta se pòt legir tanben los tèxtes del « printemps occitan ».
[FR]
La LDH de l’Hérault organisait en juin à la librairie La symbolique du poulet à Montpellier une soirée autour de la figure du clapassier Louis-Xavier de Ricard, félibre rouge du XIXème siècle, qui défendait l’idée d’une occitanie fédérale et socialiste.
Parmis les intervenents avait été invité le président de la fédération Calandreta (écoles privées en immersion en langue occitane) Jean-Louis Blénet pour parler de la situation de l’occitan. JL.Blénet est un représentant important de la bureaucratie occitaniste qui pose un nombre important de problèmes : de l’abandon d’un occitanisme social à l’autoritarisme jusqu’au rapprochement avec l’extrême-droite.
Etant doné la contradiction importante entre l’occitanisme révolutionnaire de LX. de Ricard et celui, bureaucratique et capitalisme-compatible que représente JL. Blénet, il nous a semblé important de saisir l’occasion pour exprimer une critique en lisant le texte qui suit :
Pour en savoir plus sur la bureaucratie de Calandreta, on peut aussi lire les textes du « printemps occitan ».
La défense de langue occitane a pu s’exprimer de manières très différentes dans l’histoire, tant comme défense de l’ordre existant à travers le Félibrige que comme projet révolutionnaire avec Louis-Xavier de Ricard ou le COEA des années 1960. Dans ces cas-là les champs d’action dépassaient largement le seul sujet linguistique. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?
Il semble que depuis la victoire de la gauche en 1981, elle se soit en partie institutionnalisé : l’occitan est maintenant présent à l’université, à la télé et dans les écoles, bien sûr en quantité très modeste.
Mais la critique de la société bourgeoise semble être restée sur le pas de la porte.
En effet l’occitanisme d’aujourd’hui ressemble moins à un mouvement populaire émancipateur qu’à une classe socio-professionnelle restreinte, les « acteurs de la culture », bureaucratisée et dépendante de l’État français.
C’est une certaine conception de « la langue et la culture occitane », mise en spectacle comme n’importe quelle autre marchandise culturelle, épurée de toute critique de l’État-nation et du capitalisme qui est le plus mise en valeur .
Penchons-nous un peu sur Calandreta puisque c’est son président qui est invité ce soir .
Nous n’avons pas connu ses débuts qui semblaient prometteurs. Aujourd’hui nous avons du mal à y voir un outil émancipateur où l’occitan serait une graine pour une transformation de la société. Au contraire il est très compliqué d’y trouver quelque contenu socio-linguistique critique. Comment ne pas être sceptique quand on voit ici à Montpellier, la Calandreta dau Clapàs du quartier Figueroles être un outil objectif de la gentrification, où les enfants de la petite-bourgeoisie venus rechercher la promotion sociale qu’offre l’enseignement alternatif font face aux gitans de l’école publique ?
Comment est-il tolérable que Robert Ménard, maire RN, soit accueilli à bras ouvert dans une Calandreta de Beziers ?
Enfin, comment se peut-il que soit accepté que le président de Calandreta Jean-Louis Blenet ici présent, représentant médiatique du combat pour la langue occitane, tienne régulièrement des discours compatibles avec ceux de l’Extrême-droite, à travers ses chroniques dans Midi Libre où il déplore l’invasion culturelle États-unienne en lui opposant les « autochtones » occitans ? Ou quand il soutient sans aucune nuance une manifestation pour la bouvine organisée par les identitaires locaux ? Beaucoup plus grave, quand il intervient chez Radio Courtoisie, radio de la droite la plus extrême, fondée par un maurrassien de l’OAS, où la défense de l’occitan est mise au service du narratif fasciste de « la France authentique » contre « le mondialisme » ?
L’idée n’est pas ici de condamner personnellement le président de Calandreta mais plutôt de se poser la question de pourquoi des agissements aussi problématiques ne provoquent-ils pas plus de questionnement dans le milieu occitaniste ? Serait-ce parce qu’il serait gangrené par les ambitions carriéristes et la bureaucratie ?
C’est tout cela que nous voulons aujourd’hui bousculer en reprenant le flambeau de la tradition occitaniste révolutionnaire. Vous pourrez-lire dans notre manifeste nos analyses et nos intentions. Il s’agit de remettre l’occitan à sa place : une langue qui par sa survivance après plusieurs siècles de persécution remet en question l’unité de la France, son histoire mythifiée, et la société marchande qui fit naître les Etats-Nation.
En espérant que s’ouvre à nouveau la discussion sur le sujet.

